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Frères d'armes : partie trois







Note de l’auteur : Frères d’armes : partie trois a été publié originalement dans le Jump Point 3.7. Vous pouvez lire la partie une ici et la partie deux ici.


Rhedd Alert fut encore attaqué deux fois dans les missions d’escortes entre Min et Nexus suivantes. La première fut l’oeuvre d’un pirate solitaire extrêmement zélé qui s’était positionné juste à la sortie de la porte de saut en provenance de Min. Le souvenir de l'attaque du Hornet était encore frais et avait mis les nerfs de Gavin et de l’équipe à vifs.



Le malheureux pirate avait attaqué dès que le premier vaisseau de Rhedd Alert est entré dans Nexus. Il n’existait pas de propulseur sur le marché capable de le faire virer assez vite lorsque six chasseurs de Rhedd Alert en colère émergèrent de la porte avec le transport.



Ils récupérèrent le pirate inconscient dans l’espoir de toucher une prime. De son vaisseau il ne restait plus grand chose de récupérable.



L'incident suivant s'était produit dans le système Tyrol, près du point de rendez-vous de Haven. À l’approche de Tyrol V, le trio de Hornet rafistolés frappa encore. Walt fut le premier à les voir arriver.



«Gav, nous avons des contacts en approche depuis l’autre côté de la planète.»



L’équipe de Gavin était un groupe d’icônes vertes sur son ATH. Entouré de manière protectrice au centre de leur formation, l'UEE Cassi­opeia transportait un nouveau groupe de chercheurs. Il fit un zoom arrière et vit un trio de marques rouges contourner la planète en direction de leur position.



« Est ce que ce serait…? »



« Tu dois être en train de te foutre de moi. »



« Comment ont-ils pu nous retrouver ? »



Gavin ramena sèchement le silence dans son équipe et considéra l’option de foncer vers Tyrol V. Haven était une colonie assez grande pour un système par ailleurs sous-développé. Tyrol V n’avait cependant aucune défense planétaire. L'ensemble du système était condamné par l'inévitable et imminente nova causée par son étoile binaire. Haven justifiait à la fois les investissements privés et ceux de l’UEE par des possibilités de recherche uniques offertes par la catastrophe imminente. Cependant, étant donné que le système entier finirait en fin de compte par s’évaporer, il n’était guère logique de dépenser de l’argent dans des systèmes de défense.



Gavin commença à rayer des options de leur liste. Tyrol ne leur offrait aucune protection. S'ils fuyaient le système, ils pourraient emmener les Hornet dans une joyeuse course-poursuite, mais prolonger le risque pour le Cassi­opeia et son personnel sonnait comme un mauvais pari.



D’un autre côté, leur première confrontation directe ne s’était pas très bien déroulée. Après avoir observé le travail d'équipe des maraudeurs dans Nexus, Gavin était réticent à les affronter de nouveau. De plus, il pouvait déjà imaginer la réaction de Walt à les engager directement.



Peut-être que quelque chose d'un peu plus diplomatique que le combat ou la fuite donnerait de meilleurs résultats.



Gavin régla son communicateur pour diffuser sur toutes les fréquences locales. «Aux Hornet corsaires au-dessus de Tyrol V, ici Rhedd Alert One avec une équipe de chasseurs et un vaisseau de transport de l'UEE. Nous ne transportons aucune cargaison de valeur autre que des vies civiles. Veuillez reconsidérer votre approche.»



« Hé », Walt fit ce qui ressemblait à un reniflement reconnaissant dans son micro, « tu penses que ça va marcher ? »



« Ça ne coûte rien d’essayer. »



Le temps passa sans réponse ni aucun changement de la trajectoire des maraudeurs. « Eh bien, peut-être que quelque chose de plus menaçant attirera leur attention. » Gavin déclencha à nouveau la diffusion globale. « Aux Hornet bandits au-dessus de Tyrol V, ici Rhedd Alert One avec une équipe de chasseurs et un vaisseau de transport de l'UEE. Nous avons peu de valeurs autre que nos munitions, que nous livrerons volontiers directement à vos vaisseaux si vous ne reconsidérez pas votre approche. »



« Eh bien, aucune chance que ça marche. » dit Walt. Gavin vit le système d’armement de son frère s’activer.



Gavin laissa Boomer et Mei pour garder le Cassi­opeia et Rhedd Alert engagea à quatre contre trois, aucune équipe ne bénéficiant de l’effet de surprise. Cette fois, Walt et Jazza étaient tous deux en première ligne. Le combat tournoyant qui s'ensuivit fut beaucoup moins unilatéral que lors de leur première rencontre avec les Hornet.



Rhedd Alert réalisa une bonne performance. Contrairement à leur apparence rafistolée, les vaisseaux des maraudeurs étaient étonnamment rapides et leurs systèmes d’armes bien entretenus. Malgré la férocité du combat, Rhedd Alert garda les maraudeurs à l’écart du Cassi­opeia. Walt semblait content de les repousser. Jazza les poursuivit.



« Laisse les filer, Jazz » dit Walt.



« Comptes là dessus, » dit-elle, « je vais me faire un Hornet. »



« Non, tu ne vas pas le faire, » ordonna abruptement Walt. « Ils vont se retourner juste assez longtemps pour te transformer en une fine brume rouge, et nous allons devoir ramasser ce qu’il reste. »



« Les gars, » dit Gavin, « on se calme. Rendez-vous au transport. »



Jazza abandonna la poursuite et fit mouvement pour rallier Boomer et le Cassi­opeia. « Je n’aime juste pas qu’il me donne des ordres. »



« Hmmm, » le tempérament de Walt était clairement mis à l'épreuve, « voyons voir. Je suis copropriétaire de la société. Tu devrais commencer à associer ma voix à des déclarations impératives. »



« Arrêtez, tous les deux. Jazz, rentre dans le rang. La Navy nous paye pour escorter du personnel, pas pour mener une guerre de territoire avec une meute affamée. »



« Tu aurais dû comprendre ça à Nexus», déclara Walt. «Tu en as fait une affaire personnelle quand on s’est retourné pour se battre. »



« Assez ! Si l’un de vous deux à quelque chose d’autre à dire, ça peut attendre notre retour à Vista Landing. C’est compris ? »



Les deux escadrons se retirèrent avec des chasseurs endommagés. Rahul était touché aux jambes et devrait rendre visite aux techniciens médicaux de Haven avant de quitter le système. Le travail et les blessés étaient les premières priorités de Gavin, mais il allait falloir remédier à la détérioration de l’attitude de Walt. Avant de lancer Rhedd Alert, ils avaient toujours été des attaquants opportunistes. Ce travail consistait uniquement à garder du terrain, et la réticence de Walt devenait un réel problème.


Gavin fut le premier à arriver à Vista Landing. Rahul était avec lui et se réveilla lorsqu’ils atterrirent. Bien que les techniciens de Haven aient bien fait leur travail, Dell insista pour qu’il soit emmené au centre médical de la station pour être ausculter.



Le reste de l'équipe arriva peu après. Gavin laissa Jazza pour sécuriser les vaisseaux et demanda à Walt de l'aider à rédiger le rapport après action dans le bureau à l'étage. À en juger par le comportement silencieux de l'équipage, personne ne pensait que les frères allaient discuter du rapport.



Walt se dirigea vers le petit bureau qu’il partageait. Il passa devant une paire de chaises usées et se tint à la fenêtre derrière le bureau en métal cabossé quand Gavin ferma la porte derrière eux.



Walt s'exprima sans se retourner pour lui faire face. « Si tu souhaites faire un sermon, je suggère que Jazza en soit l’objet. »



Gavin le rejoignit à la fenêtre. L'acier était froid quand il posa ses mains sur le cadre, les bords tranchants. « Pas de sermon. Ce dont j'ai besoin, c'est de réponses. Bordel qu’est ce qu’il t’arrive, mec ? »



Walt était froid et calme.



« Tu te bats contre moi, » Gavin essaya de ne pas laisser transparaître des mois de frustration dans sa voix. Il était épuisé et fatigué, mais tout ne pouvait pas retomber sur la froideur de plus en plus grande de Walt. « Tu te disputes avec le reste de l’équipage. Bordel, tu te bats avec tout le monde sauf avec les bâtards qui attaquent notre transport. »



« Je me suis battu autant que quiconque, » rétorqua Walt.



« Fous-toi de moi, » la voix de Gavin sonnait dure et forte contre le verre. « Tu te bats juste assez pour sauver ton cul. »



« Eh bien, dis-moi alors. Comment diable suis-je supposé me battre ? Tu veux que je cours après des trophées comme Jazz ?»



« Si c’est ce qu’il faut pour que le travail soit fait, oui. Nous ne sommes plus des voleurs, mec. Nous sommes les flics. Nous sommes un moyen de dissuasion. Et lorsque nous sommes sur le terrain, nous devons nous imposer. »



Walt plissa les yeux, les rides au coin de ceux-ci se plissant alors qu'il secouait la tête, dans ce qui ressemblait à de l'exaspération ou à de l'incrédulité. « Est ce que tu t’entends ? Sais-tu seulement de quoi tu parles ? »



« Chaque fois que nous rencontrons des problèmes, nous devons sauter dedans à pieds joints. Mais je ne peux pas te forcer à le faire. Tu n’aimes pas que l’on te force. » Gavin sentit son frère se raidir à côté de lui, mais il continua. Il devait savoir si Walt tiendrait sur la durée. « Tu ne l’as jamais fait. Tu es comme papa sur ce point. Tu préfères couper court et t’enfuir que d’affronter les combats difficiles. »



Walt tourna brusquement la tête et cria: « Nous avons eu une putain de bonne vie en faisant ça. »



Sa véhémence prit Gavin par surprise, et il s’éloigna. Après un moment de calme, il s'appuya à nouveau contre le cadre de la fenêtre. Le métal était maintenant plus chaud là où ses mains s'étaient posées.



Walt et Gavin Rhedd se tenaient côte à côte à la fenêtre du bureau donnant sur leur petite flotte de vaisseaux. Ils observèrent ensemble pendant plusieurs minutes en silence jusqu'à ce que les derniers membres de l'équipe quittent le hangar. L’éclairage de la baie vira au bleu cobalt froid, et les bras de Gavin semblaient être en plomb. Il avait mal aux pieds et avait désespérément envie de s'asseoir, de retirer ses bottes et de se saouler. Mais il était hors de question de s’asseoir alors que Walt restait debout.



« On pourrait partir. » A la manière dont Walt le dit, cela sonnait presque comme une question.



« Tu ne peux pas vraiment le penser, » Gavin s'éloigna de la fenêtre une fois de plus.



« Sérieusement. » Walt se tourna finalement pour lui faire face. Il était penché en avant dans un appel sincère. Cela les plaça à la hauteur des yeux et ceux de Walt étaient ronds et implorants. « Nous pourrions simplement partir. Cet endroit est une cage. Même si nous réalisons des bénéfices sur ce boulot de l’UEE, c’est quoi la suite ? Trouver plus d’offres de travail ? Embaucher plus de pilotes et de techniciens ?



« Si tout se passe bien, absolument. Nous créons quelque chose que nous n’avons jamais eu en grandissant, quelque chose de plus grand que nous. À quoi penses-tu quand nous travaillons ici ? »



« Je ne sais pas, mec. » Walt semblait également épuisé. «Je pensais l'avoir fait quand nous avons commencé, mais ce n'est en fait qu’une affaire après une autre. Nous avons trop de bouches à nourrir et il ne semble pas que cela va s’arrêter. »



« Ça ne va pas s'arrêter, » déclara Gavin. « C’est la responsabilité que nous avons acceptée lorsque nous avons commencé ce projet. »



«Mais ce n’est pas notre genre de combat, Gav. Nous ne sommes pas des agents de l’Advocacy. Bordel, nous ne sommes même pas Starmens. »



« Selon la charte de la société et le contrat que toi et moi avons signé, c’est exactement ce que nous sommes. Des soldats à louer. »



« Allez. On est des voyous, mec. Nous avons passé toute notre vie à piloter, mais on ne combat pas de manière loyale. Nous choisissons des personnes qui sont trop bêtes ou trop pauvres pour bénéficier d’une protection professionnelle. C’est peut-être pas noble ou excitant, mais c’est ce que nous faisons et nous le faisions bien auparavant. Mais ça ? » Walt se retourna vers la baie assombrie, agitant sa main vers les vaisseaux et les machines en contrebas.



Gavin le vit alors. Il réalisa ce qui rongeait Walt depuis le début. Son frère ne craignait pas que quelqu'un se blesse lors d'un combat loyal. Ils ont passé la majeure partie de leur vie à se battre. C'était d’être responsable du reste de l'équipe qui l'effrayait.



« Je sais qu’on peut le faire. »



« Combien de risques es-tu prêt à prendre pour le prouver ? »



« La facilité n’est pas le sujet, Walt. Ce jeu n’est basé que sur la confiance. Alors pose toi la question... Est-ce que tu me fais confiance ? » Il détestait le ton suppliant de sa voix. Walt ne pouvait-il pas voir qu'ils avaient déjà réussi ?



Gavin n’eut pas de réponse. À la place, son frère fixa les vaisseaux dans la baie assombrie.



« Nous avons besoin de tous les pilotes que nous avons ,» déclara Gavin. « Et, voyons les choses en face, tu es notre meilleur. »



« Ça va te péter à la tronche, Gav. Ce sera comme lorsque tu as essayé de passer en contrebande des Osoians à Xi’an. »



« Ça aurait fonctionné si tu m’avais soutenu. »



« Ils t’ont jeté sur un astéroïde, » le ton de Walt s’éleva en même temps que le volume. « Tu as perdu le Gladius de papa dans cette affaire. Qu'est-ce que celle-ci va te coûter ? »



Les entrailles de Gavin se resserrèrent et il eut inconfortablement chaud dans sa combinaison de vol. Il réalisa que Walt avait pris sa décision.



Il déglutit une fois avant de se faire suffisamment confiance pour parler. « Alors c'est ça, hein ? Nous commençons à peine à nous en sortir. Nous apprenons juste à travailler ensemble comme une équipe digne de ce nom. » Il savait que cela allait arriver. Ce n’était pas une surprise, il n’y avait donc aucune raison de s’énerver. « Mon Dieu ! Et dire que j’espérais en fait que tu restes avec moi. »



« Ne le tourne pas comme ça ,» dit Walt.



« Le tourner comment ? Tu agis juste comme tu l’as toujours fait. »



Walt ne dit rien pendant un moment.



Gavin contemplait leur vaisseaux.



« Vas-tu le dire aux autres ? » demanda Walt.



« Leur dire quoi ? Tous ceux concernés sont probablement étonnés que tu sois resté aussi longtemps. »



Ses lèvres se serrèrent en une ligne dure. Ses yeux brûlaient un peu alors il cligna des yeux. Il était fatigué avait besoin d'une douche.



Gavin laissa Walt seul à la fenêtre du bureau. Lorsque le reste de Rhedd Alert se reveilla le lendemain matin, Walter Rhedd était parti.


Les premiers mois sans Walt se passèrent bien, sans incident. Les chèques de paie commençaient à arriver et Gavin règla quelques-unes de leurs factures en suspens. Ils récuperaient des composants là où ils le pouvaient. Dell s’avéra être une magicienne pour ramener des technologies endommagées à la vie. Le peu d’argent restant après le paiement des factures fut directement consacré aux réapprovisionnements.



C’était dur de perdre Walt. Cela montrait à Gavin à quel point il comptait sur son frère pour garder le reste de l'équipe en forme. La performance de l’équipe était évidemment importante, mais elle n’enlevait rien au fait douloureux que Walt l’ait abandonné.



Personne n'avait oublié la rancune envers le trio de maraudeurs dépareillés, et Rhedd Alert était prêt quand ils se rencontrèrent de nouveau. Les Hornet les attaquèrent alors qu'ils traversaient la bande de Teclis. De loin, le groupe semblait être une vague ondoyante de lumières qui pulsaient lentement. Plus proche, la vague s'est transformée en une pluie d’astéroïdes.



Les vétérans de l’équipe de Gavin avaient l’habitude de s’accrocher au dessous d’un astéroïde. Il n’y avait pas si longtemps, ils avaient utilisé cette tactique pour eux-mêmes tendre une embuscade à des transports. Ils n’étaient donc pas surpris de voir des assaillants se matérialiser directement à l’intérieur de la bande de Teclis.



Gavin activa son micro pour s'adresser à l'équipe. « Très bien les gars, nous savons que ces bâtards volent comme s'ils étaient cousus ensembles. Je pense que notre groupe a l’avantage, mais nous ne pouvons pas les laisser coincer le Cassi­opeia à l’intérieur. Boomer, tu es le babysitter. Fais le traverser sans encombres. Tous les autres, avec moi. »



Les combats à l'intérieur de Teclis furent féroces. Gavin était dans son élément, filant dans des espaces étroits, anticipant des mouvements de roulis erratiques et utilisant le terrain pour forcer les Hornets à briser leurs formations punitives. Ses nouveaux pilotes étaient bons, mais ils n’avaient pas passé des centaines d’heures de pilotage dans un espace encombré comme lui et Jazza. Malgré tout, ils réussirent à garder les Hornets cernés pendant que Boomer et Cassi­opeia traversaient les astéroïdes. De manière inhabituelle, un pirate se détacha du groupe et traversa la ceinture en direction du convoi en fuite.



« On a un gars qui se casse, » avertit Jazza.



Gavin avait déjà entamé la poursuite. « Je le vois. Tenez les deux autres ici. Ils sont plus faciles à gérer quand ils ne sont pas regroupés. »



Il rasa au plus près des angles des rochers en mouvement et réussit à rattraper de quelques kilomètres le vaisseau plus rapide. Le Hornet roula à droite et glissa autour d'un pic rocheux monolithique déchiqueté. Gavin accéléra pour passer au-dessus, gagnant un peu plus de terrain.



Les deux vaisseaux tirèrent depuis les limites trompeuses de la bande de Teclis et Gavin mit quelques coups au but avant que le Hornet ne s'éloigne avec un tonneau. Ce fut ensuite une course effrénée vers le transport en fuite.



« Cassi­opeia, » appela Gavin, « ici Red One, nous avons un hostile en approche sur vous. »



« Reçu, Red One. Les boucliers sont actifs et nous sommes prêt pour le contact. »



« Boomer ? »



« Compris, Gavin. »



« Sois prudent, vieil homme. Celui-ci sait comment piloter. »



Gavin vit l’Avenger de Boomer se redresser et se tourner pour faire face au vaisseau qui chargeait. Le Hornet fit un nouveau tonneau. Boomer s’aligna sur le vaisseau venant en sens inverse, compensant chaque mouvement. Tous deux commencèrent à tirer et leurs boucliers s'illuminèrent comme des ampoules à incandescence. Le Hornet fit un lacet à tribord et Gavin rata son tir qui était hors de portée. Le bouclier de Boomer clignota puis tomba.



« Boomer ! »



Puis un coup aveuglant tiré par un canon à neutrons éventra l’Avenger de Boomer. Des morceaux de coque s'envolèrent avec des angles inhabituels alors que le Hornet passait près du vaisseau avarié et continuait de se rapprocher du Cassi­opeia.



Le cockpit de l’Avenger explosa. Gavin redressa pour éviter d’entrer en collision avec Boomer et pria pour que le pilote plus âgé soit parvenu à s'éjecter. Le Cassi­opeia tira un barrage de missiles, mais le Hornet avait des contre-mesures.



Le premier passage du maraudeur emporta le lance-missiles. Gavin refit face au Hornet alors que celui-ci se retournait et tirait à nouveau sur le transport. Il réussit quelques tirs directs lorsqu'ils se croisèrent, balafrant le blindage sur tout un côté. Il vira brusquement et son vaisseau trembla sous la tension, le poussant en avant dans son harnais, la vision diminuant sur les bords.



Il redressa le Cutlass à temps pour voir le Hornet en fuite s'arrêter, hésitant devant une petite forme à la dérive. Le système de ciblage de Gavin identifia l’objet. La balise de récupération de Boomer clignotait en rouge.



« Non ! » Il avait une main appuyée contre le cockpit. Avec des tirs successifs du canon à neutrons, le pirate déchira délibérément le corps à la dérive de Boomer. Ensuite, le Hornet se redressa et reprit la direction de la bande de Teclis.



« Ma cible vient juste de rompre le contact. »



« Ils s’enfuient. »



Gavin entendit à peine les cris et les acclamations de son équipe.



Overkill.



Les pilotes appellent ça se faire « OK ». Il ne savait pas avec certitude où le terme avait été inventé pour la première fois, mais overkill un pilote à la dérive c’était briser l’une des rares règles d’engagement universelles et non exprimées. Perdez un combat et vous risquez de perdre votre vaisseau. Faites-vous battre violemment, et vous pourriez sortir de soins avec un membre en moins ou avec des cicatrices permanentes ou des lésions nerveuses. Mais tirer sur un pilote à la dérive avec l’épaisseur d'une combinaison de survie pressurisée pour se protéger ? C'était inhumain.



« Appel à tous, », le chagrin déchira le ventre de Gavin et il ne pouvait pas le dissimuler dans sa voix, « regroupez-vous autour du Cassi­opeia. Nous avons un pilote abattu. »



Quelque chose dans sa voix le calma. Ses vaisseaux émergèrent de la bande de Teclis et se rallièrent au transport.



Bons Dieux.



Qu'allait-il dire à Dell ? Gavin déglutit difficilement, clignant rapidement des yeux et essayant de réfléchir. Il devait faire quelque chose. Le transport avait été touché. Il pouvait y avoir d'autres pilotes blessés. Peut-être que Walt avait eu raison.



« Restez en position jusqu'à ce que nous récupérons Boomer. » Il changea de canal pour parler avec le transport. « Cassi­opeia, ici Red One. On annule la mission. Préparez-vous à retourner à Nexus. »



« Ah...Red One, les dégâts sont minimes et maîtrisés. Nous sommes en mesure de continuer. »



Gavin en était incapable. Il devait ramener Boomer à Vista Landing.



La voix de Jazza tremblait. « Bons Dieux, ils l’ont overkill, c’est ça ? »



Il ne répondit pas.



«Ramène-le à la maison, Gav. On va marquer son vaisseau et le récupérer au retour. »



Il hocha la tête, sachant qu’elle ne pouvait pas le voir, mais ne se sentant pas capable de parler. Qu'est-ce qu'il allait dire à Dell ?



« Ramène-le rapidement, » dit Jazza.



« Je vais le faire. »


Le mobiGlas de Gavin sonna et il l’activa. Tous ceux avec qui il souhaitait réellement parler savaient qu’il était à son bureau s'ils avaient besoin de parler. Dell était au centre médical. Elle a clairement fait savoir qu’elle ne voulait pas le voir. Jazza était revenue avec l'équipe après la mission, mais ils laissaient de l’espace à la famille. Tout ce qui passait ses filtres de messageries était probablement important. Et quelque chose d'important était très probablement une mauvaise nouvelle.



Le message entrant était de Barry. Soupçon de mauvaise nouvelle, confirmé. Il prit l'appel.



« Gavin. Mon ami. Écoute, j'ai des nouvelles. Ceci est juste un appel "d’avertissement", d'accord ? Ce n’est pas grand chose. Ton frère est-il avec toi ? »



« Walt est parti, » même à ses propres oreilles, la voix de Gavin sonnait lasse. « Tu peux me donner ton message. »



« J'ai eu des nouvelles d'un de mes potes à la sous-traitance. Ils émettent un DE sur le contrat de Tyrol. Il sortira probablement dans un jour ou deux. Désolé, Gavin. »



« Ne le sois pas, » Gavin n'était pas en colère contre Barry. Il ne l’était vraiment pas. Mais ses mots étaient plus durs que sa pensée. « Dis-moi juste ce qu'est un putain de DE. »



« Pardon. DE est une notification d'Échec d'Exécution. »



Il savait que ça devait être mauvais. Barry n’aurait pas appelé si ce n’était pas le cas. Bon sang ! Quelle était la suite ? Des attaques de Vanduul ? Il avait passé en revue encore et encore chaque rapport des dossiers de Brock. Jamais - dans aucun dossier - il n’y avait mention d’attaques aussi vicieuses et coordonnées.



Barry interpréta son silence correctement. « Hé, ces choses-là arrivent tout le temps, mec. Je vous préviens simplement que cela arrivera pour que vous ne paniquiez pas. Quelques trous dans un transport ne sont rien quand vous passez par un système sans loi comme Min. Ils ne vous retireront pas le contrat pour ça. »



« Pour quelles raisons le retireraient-ils ? »



« Eh bien, » Barry parlait lentement et choisissait ses mots avec soin. « Vous devez recevoir des DE consécutifs. Ou si vous perdez le transport ou quelque chose du genre, c’est évident. Mais le major Greely est derrière vous les gars. Il s’intéresse beaucoup au plan de l'UEE visant à affranchir les entrepreneurs civils locaux. »



Juste ce dont il avait besoin. Plus de pression. « Merci, Barry. »



« Garde la tête haute, mon pote. Vous vous en sortez bien, d'accord ? Je veux dire, vous devriez entendre ce qui se passe avec les autres contrats. Sérieusement, ce n'est rien. »



« Merci encore. » Gavin déconnecta l’appel. On n’avait pas l’impression qu’ils s’en sortaient bien. La porte du bureau s'ouvrit et la silhouette de Jazza se découpa devant les lumières du couloir.



« Jazz ? » Le ventre de Gavin se serra. Il essaya d'avaler mais sa gorge était serrée. « Qu'est-ce que c'est ? Où est Dell ? »



Elle fit un pas à l'intérieur et les lumières de la pièce se reflétèrent dans les coins humides de ses yeux. Elle gardait sa contenance, mais l'effort pour le faire était visible.



« C’est Boomer », dit-elle. « C’était trop grave cette fois. Il est ...il est vraiment parti. »



À SUIVRE







Source de cet article | Traduit par Tarkhin, relu par Kiro S. Terashii, Youpilai
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