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Frères d'armes : partie quatre









Note de l'auteur : Frères d'armes : partie quatre a été publié originellement dans le Jump Point 3.8. retrouvez la partie un ici, la partie deux ici et la partie trois ici.


Un hymne enregistré jouait pendant qu'ils assistaient au départ d’Arun "Boomer" Ainsley dans la grande aventure qui l'attendait dans l’au-delà. Gavin avait organisé les funérailles dans le hangar de Rhedd Alert et l'enregistrement était épouvantable. La dernière note lugubre résonna sur les surfaces dures et les angles prononcés de la pièce.



Il aurait aimé trouver un vrai groupe. Il aurait payé pour un orchestre s'il y en avait eu un dans la station orbitale. Même un clairon aurait été un meilleur hommage pour l'homme qui a amené Dell dans sa vie. Pour l'homme qui leur avait tant appris, à lui et à Walt, à vivre librement.



Le bras de Dell lui semblait mince autour de sa taille et Gavin l'attira près de lui, ne sachant pas si c'était la bonne chose à faire. Il se tourna pour embrasser ses cheveux et vit la silhouette maigre de Walt se dessiner à côté d’eux. Le visage de Walt était figé dans un masque lugubre.



Gavin connaissait suffisamment son frère pour savoir que Walt se fustigeait intérieurement. Il ne gérait pas bien la culpabilité ou les responsabilités, et Gavin soupçonnait que c'était en grosse partie pour ça que Walt fuyait toujours.



Le rassemblement commença à se disperser. Les pilotes et l’équipe du hangar s’occupant de diverses tâches sur la flotte de chasseurs cabossés. Dell ne bougea pas, il resta avec elle. Walt posa une main sur son épaule.



« Gavin. Bons Dieux, Dell. Je ne peux pas vous dire à quel point je suis désolé. »



Jazza se pencha et parla à voix basse, presque un murmure. « On décolle dans dix minutes, patron. Votre équipement est dans le buggy. » Elle montra du menton l'endroit où son vaisseau attendait.



Dell se tourna vers lui et l’enserra. « Sois prudent. »



« Je le serai, bébé. »



« Reviens à la maison, Gavin Rhedd. Je te tuerai moi-même si tu me laisses seule pour gérer cette équipe. »



Il posa ses lèvres sur le sommet de sa tête. Les laissant là.



« Attendez. Quoi ?» La mâchoire de Walt était pendante, ses yeux écarquillés. «Dites moi que vous n’y retournez pas. »



Jazza donna un coup d’épaule à Walt, passant plus à travers lui qu’à côté. « Bien sûr qu’on y retourne, Lâcheur. »



« Tu sais quoi ? Va te faire foutre, Jazz. Ça te va ? Tu es déjà partie de l’équipe genre... deux fois en un mois. »



« Pas comme toi. Pas comme une poule m... »



« Jazz, » dit Gavin, « assure-toi que l'équipe est prête à y aller, tu veux bien ? » Avec un signe de tête à Gavin et un regard noir à Walt, elle s'éloigna vers le hangar.



« Laisses tomber, Walt. Nous devons vraiment y aller. Après la dernière fois, nous ne pouvons pas risquer d’être en retard pour le ramassage. »



« Rien à foutre d’être en retard ! » Les yeux de Walt étaient grands ouverts et cerclés de rouge. « Pourquoi y aller tout court, bordel ? »



« Walt... »



« Il n’y a pas de “Walt” qui tienne, Gavin. Il y a un groupe de psychopathes qui essaient de vous tuer ! »



« Walt, tu peux la fermer et écouter deux secondes ? Nous n'avons pas le choix, d'accord ? Nous avons tout misé sur ce travail. Nous avons plusieurs mois de retard sur cet endroit et nous sommes endettés jusqu’au cou avec les crédits pour le carburant, les pièces et les munitions. »



« Ils n’ont qu'à m'envoyer leurs factures ! »



« Non, » dit Gavin, « ils ne peuvent pas. Tes actions sont revenues à la société lorsque tu es parti. Mais je suis réglo maintenant. Tu penses que nous avons passé notre vie à fuir ? Regarde si j'essaie de fuir ça. »



Walt se tourna vers Dell pour obtenir son soutien. « Dell, allez. Tu dois lui faire entendre raison. »



« J’ai récupéré les parts de Boomer à sa mort. » dit Dell. « Nous sommes ensemble la dedans. »



« OK, boss. » appela Jazza. Tous les trois regardèrent le rang d’équipiers déterminés où elle se tenait. « C’est l’heure. »


Walt vit les grandes portes de la baie se refermer lorsque le dernier membre de l’équipe de Gavin quitta le hangar. Son chasseur et les quelques vaisseaux restants paraissaient petits et étrangement déplacés dans la grande salle. Rester seul à côté de Dell lui faisait ressentir la même chose.



« Je suis tellement désolé, Dell. Si j’avais été là... »



« Non. » Elle l’interrompit d’un mot, puis continua en secouant ses cheveux teints en bleu. « Ne t'inflige pas ça. J’ai parcouru les logs tactiques. Il s’est fait battre en un contre un et il l’ont “OK” (ndt : OK : Overkill, action d’achever un pilote qui s’est éjecté). Il n’y a rien que tu aurais pu faire. »



« Je me sens quand même minable, » dit-il. « peut-être que si je n’étais pas parti... je ne sais pas. »



« Gavin s'en veut aussi. Vous êtes tous les deux comme ça. Mais croyez-moi, il n'y a jamais eu personne de vivant capable de garder mon père en dehors du cockpit. Il volait bien avant que les garçons Rhedd ne déboulent dans nos vies. »



Ça le fit sourire. Un sourire sincère. Comme cela semblait améliorer l’humeur de Dell, il fit de son mieux pour le garder.



« Allez, » dit-elle. « Les deux dernières semaines ont été longues. Tu te joins à moi pour un café ? »



Il la rejoignit et ils parlèrent légèrement pendant un moment aux grandes tables de la kitchenette du hangar. Dell lui résuma la vie à bord de Vista Landing depuis son départ. Elle était manifestement épuisée et pas simplement par une nuit blanche et les funérailles de son père. Ses épaules affaissées et les cernes sous ses yeux étaient le résultat de semaines de travail et d'inquiétude. L’appréhension constante des attaques vicieuses des Hornets avait apparemment épuisé bien plus que les pilotes. Il était curieux que les attaques aient semblé étrangement personnelles.



« Tu sais ce que je n’arrive pas à comprendre ? » pensa-t-il à voix haute. Dell le regarda avec ses yeux fatigués, attendant poliment. « Qu’est ce que ces gars veulent ? »



Elle acquiesça. « Ouais, Il y a eu beaucoup de spéculations à ce sujet. »



« Et ? »



« Difficile à dire, n’est-ce pas ? Ça pourrait être des cinglés politiquement opposés à la recherche dans Haven. Ou peut-être est-ce l’un des vieux gangs qui n’aime pas que l’on soit rentré dans la légalité. C’est peut-être un groupe de Tevarin qui s’attaque à des cibles appartenant à l’UEE. Qui sait ? »



« Nan. Si c’était des Teravins, on pourrait le voir à leur façon de voler. »



« Dis le moi alors, si tu es si malin. Je veux dire, tu y as pris part. tu les a combattus. »



Walt haussa les épaules et prit une gorgée de café qui se refroidissait. Elle avait dit quelque chose qui le travaillait. « Hey, tu as dit que tu avais les enregistrements tactiques navsat du combat, non ? »



« Ouais. » Le peu d’énergie qui lui restait semblait s’échapper dans ce mot. Walt se maudit d’être l’idiot insensible qu’il était. Il venait de lui demander les enregistrements du meurtre de son père.



« Dell, Ah, merde... Je suis désolé. Je n’aurai pas dû demander. »



« C’est bon, » dit-elle. «Je les ai déjà regardé encore et encore. Vraiment, ça ne me dérange pas. »



Ils s’installèrent à une console et les lumières s’éteignirent automatiquement lorsqu'elle activa la projection du hangar. Elle choisit un vaisseau et orienta la vue de façon à ce que l'hologramme de l’Avenger de Boomer remplisse l'affichage. Non, se rappela Walt, ce n’était plus le vaisseau de Boomer. Dell était son héritière et, au même titre que ses dettes, les actifs de Boomer lui appartenaient désormais.



Dell sauta l'affichage par défaut des points structurels et rentra dans les systèmes du vaisseau. Quelque chose attira son regard et il l'arrêta. «Attends, reviens.» Elle le fit, et Walt arrêta l'affichage rotatif pour regarder le dessous du vaisseau. Il laissa échapper un petit sifflement.



« Ça, Walter Rhedd, c’est un Tarantula GT-870 Mk3. »



« Je sais ce que c’est. Mais où l’avez-vous eu ? »



« Tu te rappelles de ces pirates qui nous ont causé beaucoup de problème dans Oberon ? Je l’ai récupéré avant de vendre le reste. »



Bien sur qu’il se rappelait, ces salauds avaient taillés en pièces deux de leurs vaisseaux avec leurs Tarantulas. « Comment tu as pu les monter sur un Avenger ? »



« Thérapie au marteau. » dit-elle. Il lui jeta un regard confus, elle leva un bras, le tournant pour montrer le muscle. « Je tape dessus à mort jusqu’à obtenir ce que je veux. »



« Sacré fille. »



« Tu voulais voir l’enregistrement du vol ? »



Ils regardèrent les enregistrements du navsat ensemble en silence. Ça avait dût être un sacré combat. Chaotique. Frénétique. Les combattants de Rhedd Alert avaient été mis à rude épreuve.



Jazza avait brillé tactiquement plusieurs fois. Même si elle y allait à rebrousse-poil avec lui, Walt devait admettre qu’elle avait fait danser son Cutlass d’une manière pour laquelle il n’avait pas été conçu. Gavin avait orchestré une stratégie cohérente et avait engagé des chasseurs supplémentaires pour repousser l'attaque. Quelque chose n'allait pas, cependant. Quelque chose à propos de ce combat n’avait pas de sens.



Walt demanda à Dell de repasser la scène pour pouvoir se concentrer sur les maraudeurs. Cela ne ressemblait pas beaucoup à une bataille de ce point de vue. Ça avait plus l’air d’être un jeu et seulement une équipe a compris comment toutes les pièces bougeaient. Les Hornets avaient volé de façon à perturber, à semer la confusion. Ils savaient que Gavin enverrait une force en avant pour protéger le transport. Il l’avait fait chaque fois qu’ils s’étaient rencontrés.



« Tu vois ça ? » dit-il. « Ils se séparent ici et sont immédiatement rappelés en formation. Ils ne laissent jamais un flanc exposé. Nos gars n’ont jamais de réelle ouverture. » Il montra l'un des Hornet attaquants. « C’est lui qui donne les ordres. »



« C’est celui qui a “OK” Boomer. »



Les lumières rouges et vertes de l’affichage navsat brillaient dans les yeux de Dell. Sa voix était plate et sans émotions. Walt ne voulait pas la voir comme ça, il se concentra donc à nouveau sur l’image.



Le maraudeur qu’il avait identifié comme étant le chef se sépara de la mêlée. Gavin le poursuivit, mais il était trop loin derrière. Boomer l’intercepta, fut neutralisé et sa balise de récupération clignota en rouge à l'écran. Le Hornet fit un passage sur leur transport avant de faire demi-tour pour rejoindre son escouade. Puis il ralentit, faisant une pause avant d’overkill Boomer.



« Pourquoi ne faire qu’un passage sur le transport ? Ils nous ont attaqué, quoi ? Six fois ? Sept ? Et quand ils sont finalement en mesure de toucher leur cible, ils s’échappent ? »



« Tu as dit “nous”, » le taquina Dell. « Tu comptes rester ? »



Walt émit un petit rire. « On verra. »



« Nous avons eu de la chance, » suggéra Dell en réponse à sa question. « Jusqu'à présent, nous les avons repoussés. »



« Tu crois vraiment ça ? Ils auraient pu gagner ce combat s’ils l’avaient voulu. Et comment arrivent-ils à nous trouver ? C’est comme s’ils avaient élu domicile dans notre satané plan de vol. »



C'était ça. Il l’avait. La révélation dut apparaître sur son visage.



« Quoi ? » demanda Dell. « Qu’est ce qu’il y a ? »



« Remets le passage de l’attaque sur l’Aquila. »



Dell s'exécuta et ils le regardèrent à nouveau. Il avait l’impression d’être un con pour lui faire revoir le meurtre de son père encore une fois, mais il devait être sûr de ce qu'il avait vu.



Et c'était là. Passage. Demi-tour. Pause. Une prise de décision. Une escalade avec cet acte de brutalité. Et puis ils étaient partis.



« Elle n’en a pas après le transport du tout. Nous sommes ses cibles depuis le début. »



« Attends, » dit Dell. « C’est qui “elle” ? Les cibles de qui ? »



« S’il te plait dis moi que ton ex n’a pas été ivre au point de perdre un boulot avec la Navy ? »



« Barry ? Bien sur que non, pourquoi ? »



« Parce que je viens juste de trouver qui a tué ton père. »


Morgan Brock mit fin à la réunion et libéra son équipe d'administration. Riebeld attira son attention et souleva une main de la table - une demande afin qu’elle reste alors que les autres sortaient de la salle de conférence.



Riebeld la fit attendre jusqu'à ce qu'ils soient seuls, puis se leva pour fermer la porte.



« Je suppose, » dit Brock, « que notre problème sur Tyrol persiste malgré l'escalade ? »



« J'ai eu des nouvelles pendant la réunion » - il s'assit à côté d'elle à la table, baissant la voix - « ils devraient bientôt sauter vers Nexus. »



« Nos pilotes discrets ? Sont-ils déployés ou ici à la station ? »



Sa réponse tarda à venir, son hochement de tête réticent. « Ils sont ici. »



Brock vérifia l'heure. Calcula mentalement. « Déguisez les vaisseaux. Nous partirons à 1700 et les intercepterons dans Nexus, juste à l'intérieur de la porte en provenance de Min. »



« Morgan, » les yeux de Riebeld parcoururent la pièce, « ces gars-là ne comprennent pas. Je ne sais pas quelles pertes nous devons leur faire subir avant qu’ils ne se retirent, mais... Je ne sais pas. Rater une offre fait partie des affaires, pas vrai ? » Elle ne le contredit pas et il continua. « Peut-être... Peut-être devrions-nous faire une croix sur celui-là ? »



« Une position confortable facile à défendre dans ta position, Riebeld. Ta commission est basée sur la valeur du contrat. J'ai à peine fait des profits sur ce travail pendant des années. Je l'ai fait volontiers, en attendant les profits exceptionnels escomptés avec l’augmentation du trafic à destination de Haven. »



« Je comprends » dit-il. « Je le comprends vraiment. Mais à un moment donné, nous devons appeler cela une perte et nous concentrer sur la prochaine étape, non ? »



« Alors supposons que nous abandonnions le travail sur Tyrol, et que Greely et Navy SysCom voient ce qu’ils veulent voir des contractants locaux. Je peux déjà imaginer des politiciens opposés au système en place proposant plus de travail sous-traité. Enfer, ils vont probablement promettre des contrats pour acheter des votes dans leurs systèmes rattachés. »



Elle le regarda se tortiller. Ça ne lui ressemblait pas de débattre avec sa conscience. Franchement, elle était déçue d’apprendre qu’il s’en était trouvé une.



« Si Rhedd Alert ne se retirent pas d’eux mêmes, » déclara-t-elle, « ils devront alors échouer de manière cuisante. Préparez les vaisseaux, Riebeld. Nous avons bien travaillé ensemble, toi et moi. Tu devrais savoir que je ne vais pas laisser ce qui m’appartient. » Il sembla apprécier sa sincérité, mais Brock voulait entendre le vendeur impertinent le dire. « Sommes-nous d’accord ? »



« Oui m’dame, » Riebeld déglutit et se leva. « Parfaitement d’accord. »


« Alors ? » Walt afficha le profil de Barry dans son mobiGlas et cliqua sur "Connection".



Dell s'assit à la console du hangar pour tenter de joindre Gavin et son équipe. Ses sourcils se froncèrent dans une grimace et elle secoua la tête.



« Merde. Ok, continue d’essayer. »



Barry répondit. Le comptable portait son uniforme. Il était de service, où qu'il soit, et son visage projeté était sincèrement triste. « Hé, » dit-il, «ça fait longtemps qu'on ne s’est pas vu, mec. Écoute, je ne peux pas te dire à quel point je suis triste pour Boomer. »



« Merci. » Barry avait fréquenté Dell et Boomer pendant une bonne partie de sa vie. Il avait probablement été déchiré entre assister aux funérailles et permettre à la famille de faire son deuil en toute intimité. Quoi qu'il en soit, la commisération devrait attendre. « Nous avons besoin de ton aide, Barry. Dis-moi que tu as accès aux propositions concernant le contrat de Tyrol. »



« Bien sur que oui. Et c’est qui nous ? Tu es de retour avec Dell et Gavin ? »



« Oui, » il sentit le regarde de Dell sur lui quand il dit cela. « Quoi qu'il en soit, nous avons besoin d'une faveur. J'ai besoin de connaître les modèles de vaisseaux et les configurations proposées par le titulaire. »



« L’équipe de Morgan Brock, bien sûr. Je ne peux pas obtenir les données des vaisseaux, cependant. Ces informations sont toutes confidentielles. Seules les propositions de prix peuvent être consultées par le public, et uniquement pendant la période de l’offre. »



« Allez, Barry. Nous ne parlons pas de secrets commerciaux là. Je pourrai obtenir cela avec un survol de leur hangar à Kilian. Je n’ai simplement pas le temps pour ça. J'ai besoin de savoir quels vaisseaux ces types pilotent. »



Barry poussa un profond soupir, « Attends. Mais je ne peux pas vous envoyer les propositions, d'accord ? Vous marchez déjà sur des oeufs avec ce contrat. »



« Tu m’en diras tant. Et merci, je t’en dois une belle pour ça. »



Walt patienta, la gorge sèche. Il gratta une bordure écaillée de son mobiGlas usé avec un ongle.



« Très bien, » Barry lisait quelque chose hors écran, « Apparemment ils pilotent divers type de Hornet. Plus spécifiquement, des F7A. Je peux vous envoyer une liste des emports proposés et je sais que Brock pilote elle-même un Super Hornet. »



Le mobiGlas trembla au poignet de Walt. Son visage était brûlant et il força sa mâchoire à se détendre. « Barry, si tu as des contacts à la Navy, arrange toi pour faire envoyer des vaisseaux à Tyrol. C’est Brock depuis tout ce temps. Elle veut nous faire échouer. Et c’est la salope qui a “OK” Boomer. »


« J’y vais, Walt. Fin de la discussion. »



Walt se frotta les yeux avec la partie plate de ses doigts. Comment Gavin avait-t-il jamais pu remporter une dispute avec elle ? Interdire son implication était une cause perdue. Peut-être qu'il pourrait la raisonner. « Écoute. Quand es tu monté dans un cockpit pour la dernière fois ? »



« Je connais ce vaisseau. Je suis pratiquement née dans ces trucs. »



« Dell... »



Elle lui jeta son casque. Il l'attrapa maladroitement, elle s’était débarrassé de sa tenue de travail et se tortillait dans sa combinaison de vol avant qu'il ne puisse finir sa pensée. Elle le fixa avec des yeux durs et dit : « Mets ton équipement si tu ne veux pas être laissé derrière. »



Dell était aussi implacable que la gravité. Bien. C'était ses funérailles, et il réalisa qu'il était impossible que son frère n’ait jamais gagné une dispute avec elle.



Ils finirent de se préparer en silence. Walt tira les cales de son Avenger quand elle monta dans le cockpit. Il donna une tape affectueuse à la bouche imposante du Tarentula. « Tu as des munitions pour ce mauvais garçon ? »



« J’en ai un peu. »



« Bien. » Il sourit. « Espérons que Brock ne soit pas prête à gérer des renforts. »



Walt réfléchit à cette question. Il était vrai que Gavin avait divisé son équipe à chaque combat, mais Rhedd Alert n'avait jamais envoyé de réserves. Chaque engagement avait été un combat loyal et direct. Brock ne savait probablement rien de leurs ressources, même limitées, au-delà de l’équipe d’escorte. Cela pourrait fonctionner à leur avantage.



En fait, « Hey, Dell. Sors un instant tu veux ? »



« Comptes là-dessus. » Le regard qu'elle lui jeta était un pur défi. « J'ai dit que j'y allais et c'est tout. »



« Oh, non. J'ai déjà perdu ce combat. Mais toi et ton canon m'ont fait penser à ces pirates à Oberon. Dis-moi, avons-nous jamais trouvé un acheteur pour cette vieille coque d'Idris ? »



« Non. Elle est stockée à l’extérieur de la station, pourquoi ? »



Dell le regarda, sceptique, il sourit. « Nous allons montrer à ces pseudos-militaires de vieux
trucs de contrebandiers. »


Gavin maintenait son équipe au bord de la porte de saut entre Min et Nexus. « Très bien les gars, écoutez. Vous connaissez la musique et ce qui pourrait nous attendre de l'autre côté. Jazza, je veux que Rahul et toi soyez en tête pour ce saut. J'accompagnerai le Cassiopeia ensuite, après votre arrivée et celle du reste de l'équipe. Quelqu'un n'est pas prêt à sauter ? »



Son équipe était silencieuse alors qu'elle s'organisait avec une précision professionnelle. Le pilote à bord du Cassiopeia annonça qu’il était prêt et Gavin envoya Jazza. Les autres étaient juste sur ses talons et Gavin sentit la chute toujours étrange à travers la bouche de la porte de saut.



La lumière et le son s'étirèrent, le traînant à travers l'espace. Une autre chute, un moment de désorientation, puis Nexus apparut autour de lui.



Sans avertissement, le chasseur de Mei passa en trombe devant son écran avant. Des tirs lasers incandescents balayèrent le vaisseau gris fantôme et rouge vif, neutralisant les boucliers de Mei et découpant des sections blindées de la coque. Mei riposta contre le trio de Hornet extrêmement familiers qui étaient en formation triangulaire étroite.



Jazza aboya des ordres. « Mei. Rahul. Flanquez Gavin et sortez le Cassiopeia d'ici. Gavin, tu as reçu ? Tu as le paquet. »



Il secoua la tête, voulant chasser la désorientation post-saut. Il ne se souvenait pas d’avoir activé ses boucliers, mais ceux-ci clignotèrent sur son ATH et ses systèmes d’armes étaient prêts.



« Reçu. » Gavin bascula sur le canal du transport, « Cassiopeia. Laissez-nous vous sortir d'ici. »



L’équipage à bord du transport de l'UEE n’eut pas besoin de plus d’encouragement. Gavin accéléra pour suivre le vaisseau plus grand alors que deux chasseurs Rhedd Alert se positionnaient au-dessus et au-dessous de lui. Ensemble, ils foncèrent vers la porte de saut de Tyrol.



Les Hornet virèrent et les attaquèrent sur un flanc. L’ATH de Gavin s’illumina d’alertes alors que Jazza envoya une paire de roquettes dangereusement près au-dessus de sa tête sur l’un des vaisseaux attaquants. Son vaisseau rugit au-dessus de sa tête, mais les Hornet continuèrent à poursuivre le transport en fuite.



Les alarmes retentirent. Ils avaient besoin de plus de puissance de feu sur les Hornet pour donner au Cassiopeia le temps de se mettre à l’abri. Il hurla une direction et le Cassiopeia plongea avec Mei et Rahul sur chaque flanc.



Gavin se redressa, se retourna et tira pour attirer l'attention des assaillants. Il se retourna, encaissant le choc de leur riposte sur ses boucliers de tribord plus puissants.



L'impact secoua violemment le Cutlass et la barre d'intégrité de son bouclier s'écroula dans le rouge. Gavin vira, tira à la volée avec ses lasers et s'éloigna du Cassiopeia avec les Hornet le suivant de près.


Les données Navsat pour le saut vers Nexus glissèrent au bord de l’ATH de Walt. Quelques secondes et des milliers de kilomètres plus tard, le premier des vaisseaux engagés clignota à l'écran. Son frère et l'équipe de Rhedd Alert étaient sous pression.



Walt regarda Brock et son équipage encercler et attaquer les vaisseaux de Rhedd Alert. Gavin avait essayé d’entraîner les assaillants, mais Brock n’avait pas mordu. En gardant le combat centré sur le transport de l’UEE, elle maintenait principalement celui-ci en otage.



Il était temps d’égaliser les chances.



Jazza mit à mal l'un des Hornet. Walt vit les boucliers supérieurs du chasseur ennemi absorber l’impact. Il désigna ce Hornet comme cible, se préparant à frapper avant que ses défenses ne se soient rechargées.



Il poussa son propulseur principal et fonça à travers la mêlée telle une comète flamboyante. Son système de ciblage était verrouillé sur le Hornet ennemi, son Broadsword lourd le criblait de balles.



Le chasseur endommagé de Mei plongea dans les débris, mais le Super Hornet, probablement Brock, l’attendait de l’autre coté. Un tir de son canon à neutron déchira le vaisseau de Rhedd Alert. Mei s’éjecta en sécurité, mais leur équipe venait de perdre un vaisseau.



« Dieux, » la voix de Gavin était frénétique. « Fous le camp d’ici Walt. Mets toi en formation avec le transport et emmène le loin du combat. »



Walt l'ignora. Il vira pour un autre passage et déclencha son micro sur un canal ouvert.. « Le jeu est terminé, Brock. »



Ses mots transpercèrent la ferveur du combat rapproché et, pendant un instant, les chasseurs des deux côtés volèrent calmement au-dessus du Cassiopeia en fuite.



« Vous savez, » dit Walt. « Si vous vouliez nous faire croire que vous en aviez après le transport, vous auriez du garder vos armes lourdes pour le Cassiopeia au lieu d’overkill notre ami. »



« Je suppose que je devrais être déçue que vous m'ayez découverte, » la voix de Brock était un ricanement pincé, aussi froide et dure que celui que Gavin l'avait décrite. « En revanche, je suis contente que vous l’ayez partagé avec moi. Je me serais peut-être contenté de neutraliser la majorité de votre soi-disant flotte. Maintenant, il semblerait que je doive être plus radicale. »



Elle tira, il esquiva et le combat reprit de plus belle. Walt commuta ses communications sur le canal de l’escadron Rhedd Alert. « Brock n'a jamais été après Cassiopeia, Gav. Elle était après nous. »



« Peut-être que je suis un peu distrait par tous les missiles et les canons à neutron, mais je ne vois pas en quoi cela est pertinent en ce moment. »



« Nous ne sommes pas à la hauteur au vu des technologies embarquées dans ses vaisseaux. Si elle s’en prend au transport, ils sont cuits. » Il se positionna à côté de Gavin. Ensemble, ils piquèrent pour attaquer un Hornet par le dessus.



« Super, » dit Gavin, « Pourquoi la mettre au parfum alors ? »



Walt réprima un sourire féroce. « Parce que, » dit-il, « elle ne peut pas se permettre de laisser l'un de nous s'échapper non plus. »



« Si tu as des idées brillantes, balance-les, je suis tout ouïe. »



« Enfuis toi avec moi. » Pour ce que Walt en savait, Brock pouvait entendre tout ce qu’ils disaient. Elle les taillerait en pièces s’ils restaient. Il devait faire en sorte que Gavin le suive. « Enfuis toi avec moi, Gavin. »



« Bon sang Walt ! Si tu es venu pour aider alors aide. J’ai un pilote abattu, et je ne vais pas le laisser se faire “OK” comme Boomer. »



« Il ne s’agit pas de faire la chose facile, Gav. Quelqu'un que j’admire vraiment m'a dit une fois que ce jeu était une question de confiance. Alors demande-toi... me fais-tu confiance ? »



Gavin gronda alors son nom, traînant le mot dans une lutte interne et amère. Le poids de celle-ci serra la gorge de Walt. En dépit de toutes leurs disputes, la mort de Boomer et sa propre désertion lorsque la situation devenait difficile, malgré tout ça, son frère voulait toujours lui faire confiance.



« Fais-moi confiance, Gavin. »



Brock et son ailier passèrent bas, plongeant vers le Cassiopeia et son escorte. Jazza les repoussa avec un torrent de tirs lasers et fut secoué par les ripostes des canons à neutron. Les boucliers autour de son Cutlass malmené clignotèrent, s’estompèrent puis disparurent.



Walt serra les dents. C'était maintenant ou jamais.



« Jazz, » la voix de Gavin était dure et précise, " rallie le Cassiopeia et fais-lui une ouverture. »



Walt leva le poing et accéléra en retournant d’où il venait.



« Walt, » Gavin semblait assez en colère pour manger des clous, mais il suivit : "Je suis à tes six heures. Allons-y ! Bouge comme si tu avais un but. »



Walt sortit un ensemble de coordonnées pré-établies et s'éloigna avec Gavin derrière lui. Les deux Hornet restants se séparèrent, Brock se plaçant derrière Gavin pour les poursuivre. Même ensemble, Gavin et lui n’avaient pas beaucoup de chances de passer ses boucliers supérieurs. Au lieu de cela, il se dirigea droit vers le point de passage marqué au bord de son affichage. Lorsque le tir de Brock les écarta du parcours, il corrigea pour les remettre directement en ligne avec la marque.



Brock était en train de gagner. L’icône de Gavin clignota sur son écran. Elle était assez proche pour les toucher de manière fiable avec ses répétiteurs. Alors qu'ils approchaient des coordonnées prédéfinies, Walt remarqua une distorsion ondulante de la lumière changeante des étoiles. Corrigeant légèrement sa trajectoire, il se dirigea droit vers elle. Gavin et Brock étaient justes derrière lui.



« Allez, » chuchota Walt, « restes proche. »



Sur l’affichage d’équipe, il vit l’intégrité des bouclier de Gavin se réduire à nouveau. Brock mettait de plus en plus de coups au but.



« Un tout petit plus loin. »



Walt était concentré sur l’ondulation de la lumière des étoiles devant, une tâche sombre de l'espace qui avalait l'étoile de Nexus. Il corrigea légèrement sa trajectoire et Gavin fit de même. Ensemble, ils poursuivirent leur vol effréné loin des attaques meurtrières de Brock.



La petite tâche d’espace noir grandissait au fur et à mesure que les trois vaisseaux se rapprochaient. Walt ouvrir le canal d’escouade et cria « Maintenant ! »



Un nouveau vaisseau scintilla sur l’affichage de son ATH. On aurait dit qu’il se matérialisait juste au-dessus d’eux alors que l’Avenger de Dell sortait de sa cachette à l’intérieur de la coque noircie de l'Idris abandonné.



Walt mit toute la puissance dans ses propulseurs. La poussée le plaqua dans son siège alors qu'il remontait et passait au-dessus de leur piège. Il entendit Dell crier sur le canal d’équipe et se retourna, s'efforçant de voir derrière lui. Des flashs de lumière provenant des armes de Brock accompagnaient un horrible coup de tonnerre. Dell avait laissé son micro ouvert et il semblait que le canon massif menaçait de déchirer son vaisseau.


« Attention, Gav ! »



La voix de Dell frappa Gavin comme un coup de poing.



Il vit son frère grimper et disparaître soudainement derrière une étendue vide et sans étoiles. Ensuite, l’Avenger de Boomer se matérialisa dans cette obscurité, et Gavin sut que sa femme était à l’intérieur du cockpit. Elle était avec lui, exposée dans le noir où des pilotes vétérans les surpassaient.



Son corps réagit là où son esprit ne le pouvait pas. Il poussa vers le bas, fort. Les propulseurs étaient à fond alors qu'il essayait instinctivement d'éviter la collision avec elle. Une impulsion brillante comme des éclairs accompagnait un bruit de tonnerre.



Gavin força son vaisseau endommagé à tourner. Le Cutlass tremblait sous l’effort et Gavin était pressé contre le bord du cockpit alors que le nez de son vaisseau tournait.



Il vit le premier projectile lourd toucher Brock. La force combinée de l'obus et de l’inertie de son vaisseau ravagèrent ses boucliers avant. Ensuite, l’un après l’autre, les projectiles traversèrent le nez du vaisseau de Brock jusqu’à ce que l’air s’enflamme à l’intérieur.



« Dell » - le Hornet en flamme bascula vers sa femme comme une énorme hache de guerre, « fais attention ! »



Brock s’éjecta



Dell se déplaça sur le côté, mais le Hornet frappa la coque où elle s'était cachée. L'explosion envoya les vaisseaux et des débris dans toutes les directions.



« Dell ! »



Il vira pour intercepter son vaisseau en rotation. Walt le devança. Les propulseurs s’allumant avec des mouvements soigneusement contrôlés, Walt attrapa son Avenger, le ralentit et arrêta la rotation.



Gavin roula pour se mettre cockpit à cokpit avec sa femme.



« Dell ? »



Elle était assise aux commandes, immobile, la tête baissée et tournée vers le côté.



« Allez bébé. Parles-moi. »



Elle bougea.



Avec la lenteur propre à un espace dépressurisé, elle roula sa tête sur ses épaules. Quand elle regarda vers le haut, leurs yeux se rencontrèrent. Dell lui sourit lentement et leva les pouces. Il déglutit difficilement et, une main pressée contre son cœur, il ferma les yeux sans rien dire en signe de soulagement.



Gavin orienta son Cutlass et se dirigea vers l'endroit où Brock flottait, ses systèmes d'armes encore chauds. Il s'arrêta alors, se tenant au-dessus d'elle comme lorsqu'elle avait hésité devant Boomer.



Ses communications étaient toujours actives. « Et maintenant Rhedd ? »



Il se souvenait d'elle lors de la réunion avec Greely. Grande, maigre et piquante. Elle semblait petite maintenant, ne dérivant pas à plus d'un mètre du nez marqué par la bataille de son Cutlass.



« Gavin ? » La voix de Dell parut faible après le tumulte du combat.



Walt apparut à ses côtés. Sa voix était basse et calme: Du calme, mon pote. Nous n’avons pas été élevés à OK des pilotes.»



« Elle ne le mérite pas, » dit Dell.



Brock gronda « Fais-le. »



Il avait étudié les rapports de Brock pendant des mois. Elle avait plus de vaisseaux et plus de pilotes qu'il n'aurait jamais imaginé employer. Qu'est-ce qui l'avait poussé à les harceler et à tuer l'un de ses équipiers pour ce boulot ?



« Je veux juste savoir pourquoi, » demanda-t-il. « Vous avez d’autres contrats, vous avez probablement gagné plus d’argent que chacun de nous en verra dans sa vie. Pourquoi s’en prendre à nous ? »



Il soutint le regard de Brock, les lumières du Cutlass se reflétant sur sa visière.



« Pourquoi ? » Répéta-t-elle. « Regardes autour de toi, Rhedd. Il n’y a pas de loi dans ces systèmes. Ici, tout ce qui compte, c’est le courage de prendre ce que tu veux et la volonté de se sacrifier pour le conserver. »



« Tu veux parler de sacrifice ? » dit-il. « Le pilote que tu as tué était de la famille. »



« Tu l’as mis en danger, » dit-elle, « pas moi. Le peu d'ordre qui existe dans ces systèmes, c'est celui que j'ai amené avec moi. J'ai réussi en partant de rien. Vous, les indépendants, êtes des voleurs. Vous êtes comme des rongeurs, grignotant le succès des autres. »



« J'étais un voleur, » dit-il, « et un contrebandier. Mais nous construisons notre propre succès, et la prochaine fois que vous et moi rencontrerons la Navy, » Gavin alluma ses propulseurs juste assez pour toucher Brock avec le nez de son vaisseau, « ce sera dans une salle d’audience. »



Elle fit volte-face et chuta alors qu'elle volait, devenant de plus en plus petite jusqu'à ce que la balise de récupération sur son ATH soit la seule chose qu'il pouvait voir.


Deux Retaliators avec des désignations de la Navy étaient amarrés à l'extérieur du hangar de Rhedd Alert lorsque Gavin et son équipage regagnèrent finalement Vista Landing.



L'équipage à bord du Cassiopeia avait insisté pour aider aux soins médicaux et à la récupération après le combat. L’équipe prévue pour embarquer à Haven était tout aussi catégorique sur le fait que Rhedd Alert s’occupe des siens avant de continuer. Techniquement, personne n'avait vérifié auprès de Navy SysCom.



Est-ce que la Navy virait ses sous-traitants face à face ? De ce qu’il savait, oui.



Gavin veillait à la disposition de leurs vaisseaux endommagés pendant que les autres amenaient les blessés plus loin dans Vista Landing. Quand il eut fini, il échangea un rapide signe de tête avec Barry Lidst qui se tenait soulagé derrière le major Greely.



« Major, » Gavin tendit la main, « Je suppose que quelqu'un me l'aurait déjà dit si j'avais été viré. »



Sa main disparut dans la paume massive du major. « Je suppose qu’ils l’auraient fait, oui. »



« Alors à quoi devons-nous cet honneur ? » Dell et Walt les rejoignirent, et Gavin fit les présentations.



« ”Je”, d’abord, puis “nous” » répéta Greely, « ça me plaît, Rhedd. J'apprécie un homme qui accepte les conséquences personnellement mais qui tient à partager les éloges avec son équipe. Dites-moi, fiston. Comment avez-vous eu Brock ? »



Gavin donna un coup de coude à sa femme. Avec un sourire espiègle, Dell retira son bras autour de la taille de Gavin et s'avança pour tapoter le Tarantula sur son Avenger endommagé.



« Joli tir, madame. »



Dell haussa les épaules. « Avant de partir, Walt a sorti mes identifiants, ma balise de navigation et mon enregistreur de vol. J'étais cachée dans un leurre lorsque les gars l'ont conduite dans le piège. »



Barry se pencha vers Greely et, dans un murmure complètement audible, dit « Il vaudrait peut-être mieux ignorer les aspects illégaux de cette affaire. »



Greely lui fit un signe de main. « C’est ce dont le ‘verse a besoin. Des hommes et des femmes qui ont le courage de mettre leur nom sur un hangar. Une chance pour des civils responsables de créer de bons emplois honnêtes avec un vrai salaire pour les habitants. Qu'un ancien militaire sous-traitant ait essayé de tout gâcher... »



Gavin et son équipe purent observer de près à quoi ressemblait la colère d'un officier de la Navy. C'était le genre de visage qui laissait une impression.



« Quoi qu’il en soit, » se reprit Greely, « pas une personne dans le ‘verse ne vous reprocherait de nous considérer comme une mauvaise affaire. Je suis ici pour vous demander de rester. »



Gavin hésitait à exposer sa situation financière à leur unique client qui payait, mais ils étaient à bout. Rhedd Alert n’avait pas les moyens d’acheter des munitions, encore moins de réparer ses chasseurs abattus. « En fait, monsieur. Je pense que nous aurons peut-être besoin de trouver quelque chose d'un peu plus lucratif que de se faire tirer dessus par des titulaires sortants mécontents. »



« À ce propos, » Greely posa sa main sur l'épaule de Gavin. Il le fit regarder par l’une des grandes fenêtres du hangar les Rétaliators amarrés à l’extérieur. « Mon comptable m'a dit qu'il pourrait y avoir matière à renégocier certaines parties du contrat de Tyrol. Mais ce travail ne suffira pas à occuper votre équipe maintenant que Brock est à l'écart. »



Gavin rigola. « Sur ce point, je suis quasiment certain que vous avez raison. »



« Bien... J'ai plus de travail pour une équipe comme la votre. J'espère que vous accepterez, car vous l'avez bien mérité. Dites-moi, Rhedd, connaissez-vous le système Oberon ? »



Derrière eux, Walt lâcha son casque



FIN







Source de cet article | Traduit par Tarkhin, relu par Ribartex, Youpilai
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